Ciné 220 - Brétigny-sur-Orge

Hommage à Bertrand Tavernier

 

Date : Samedi 25 septembre 2010

Thème : Festival Villes et Toiles

Film : 18h : L'HORLOGER DE SAINT PAUL de Bertrand Tavernier

20h45 : DANS LA BRUME ELECTRIQUE de Bertrand Tavernier

Intervenant(s) : Bertrand Tavernier, réalisateur

Divers : en partenariat avec Prefigurations.com

Compte-rendu :

Rencontre exceptionnelle avec un amoureux du cinéma, des villes, des grands paysages, le réalisateur Bertrand Tavernier.
Entre les deux films, buffet créé par les apprentis boulangers pâtissiers de la Faculté des Métiers d'Evry Centre Essonne.

horloger saint paulA propos de L'horloger de st Paul :
Ce dont parlait Simenon était secret et profond.
« La ville de Lyon est très secrète, ville où l'on se cache, pleine d'ombres et de mystères que j'adore ! »
Grâce au film, cette ville a changé car la vision du film a fait prendre conscience de la nécessité d'une grande rénovation de la ville.
« Je n'ai pas filmé un Lyon touristique mais le Lyon de mon enfance : la maison où je suis né, le parc de la Tête d'Or, les bords du Rhône, les passerelles que j'aimais tant... »
« J'ai exclusivement filmé ce que j'aimais, ce que j'ai regretté de perdre quand mes parents sont venus à Paris ».

Importance de l'eau dans le travail de B. Tavernier

Dans les films, il y a très souvent des villes dans lequel on trouve un canal, un fleuve, une rivière...
Pourquoi ? « Toujours l'enfance ! J'étais impressionné par le Rhône et ses tourbillons à l'époque de mes 6 ans ».

Tournage en son direct.
Les comédiens ne sont pas doublés.
Les décors : « je recherche toujours un lieu intéressant à filmer sous des angles différents, je privilégie l'ambiance. J'aime quand tout n'est pas lisse, qu'il y a des rochers, des obstacles, des changements de terrain...ce qui donne un grand dynamisme à l'image ».
Grande préparation, en amont du tournage, des décors extérieurs.
La forêt qui joue ne doit pas avoir une végétation touffue mais avoir des décrochements, des clairières, des échappées permettant une grande profondeur à l'image.
Il faut qu'il y ait de l'air pour les personnages. « Je n'aime pas les étouffer ».
« J'aime beaucoup qu'un mouvement soit subjectif et que tout d'un coup, quelqu'un entre dans le champs et le mouvement devient objectif ».
« Les mouvements de caméra sont comme de la musique. Même si les décors sont magnifiques, vous suivez avant tout les personnages ». « Les décors sont normaux, ils sont dans leur quotidien donc en temps que réalisateur, je ne dois pas être épaté par les meubles, les objets, les décors...Je ne dois pas exhiber les accessoires ! »
« Je demande souvent aux acteurs d'aménager leur lieu comme s'ils y vivaient, ce qui permet de définir les personnages sans les psychanalyser ».

« Il ne faut pas chercher la perfection mais l'émotion. Je ne suis pas un réalisateur indécis, je dépense peu de pellicule. Une fois que j'ai ce que je veux, j'aime bien tenter quelque chose de très différent : ça marche ou non, mais j'essaie ! »

brume electriqueA propos des acteurs


« Très peu de répétitions avec Tommy Lee qui avait tellement les intentions du personnage que tout marchait ».
« Il faut sentir ce qu'ont en eux les comédiens ».
« Tous les rôles qu'a joué Noiret pour moi sont très différents ».

Comment choisir les acteurs ?
« Je fais parfois faire des essais mais ce sont souvent des rencontres, en les voyant dans des films, en allant au théâtre...ou une envie de travailler avec eux ».
Beaucoup d'acteurs professionnels (Blier, Noiret, Marielle, Rochefort, Jugnot, Huppert, Lanvin, Galabru...) mais aussi non professionnels, dans Holy Lola ou Ca commence aujourd'hui par exemple ce qui donne un ton, un accent authentique.
« L'accent, c'est une manière de transporter le décor avec soi. Quand je choisis un visage, c'est un paysage. L'accent c'est une manière de se comporter ».
« Il faut trouver une vérité, l'harmonie exacte ».