Ciné 220 - Brétigny-sur-Orge

Le temps des grâces

 

Date : Jeudi 14 octobre 2010

Thème : Cycle environnement

Film : LE TEMPS DES GRACES de Dominique Marchais

Intervenant(s) : ...Le réalisateur, Dominique Marchais, Jocelyn Moulin de l'association Kokopelli et Laurent Olivier, paysagiste

 

Compte-rendu :

Dominique Marchais, qu'est ce qui vous a amené à faire ce film ?
Film fait dans un contexte de déconsidération de l'agriculture, après une phrase de Tony Blair disant que « l'agriculture est une relique du passé ».
Aujourd'hui on ne sait plus trop où on en est.
L'agriculture c'est de l'économie, de la connaissance.

Pourquoi ce titre de film ?
Référence à l'âge d'or. Temps déjà passé mais auquel on se réfère pour parler d'aujourd'hui.
Question de la nostalgie

L'association Kokopelli a 18 salariés et 18 producteurs.
« On est dans l'illégalité car on vend des graines non répertoriées. Il y a un catalogue de semences fait par le GNIS (groupement national interprofessionnel des semences et plants) et on n'a le droit d'utiliser que ces semences. On est en procès avec l'Etat depuis 15 ans ! »
Qui est client de Kokopelli ? Les jardiniers, les particuliers, quelques maraichers (6500 adhérents).

Laurent Olivier, paysagiste :
« Je suis situé à St Vrain. Le label paysagiste bio n'existe pas. Je travaille en aménagement de jardin chez des personnes privées ».

Entre 1945 et 1960, les agriculteurs avaient il la possibilité de faire autrement ?
Dans le film, un agriculteur dit bien qu'il n'avait pas le choix, qu'il fallait se moderniser.
1970 : tous les objectifs de la première PAC ont été atteints. On devient exportateur. Il aurait fallu changer de politique à ce moment là. Il fallait rééquilibrer.
On est aujourd'hui sur les mêmes politiques.

1973 : krach, le « pétrole vert » de Giscard. On joue la carte de l'exportation puis mise en place de subventions pour être en dessous du prix mondial.

Grenelle de l'environnement :
Pour la 1ère fois, débat voulu par l'Etat. Le discours sur le Bio a changé à ce moment là. Le Bio a été valorisé mais ce n'est pas pour cela que les agriculteurs ont changé.
2% des surfaces cultivées sont Bio en France.
Aucune aide à la reconversion en Bio n'a été apportée.

Y a-t-il une prise de conscience des agriculteurs ?
Les agriculteurs sont très informés de l'état des sols, des rivières, des taux de matières organiques...
Ils sont conscients des limites du système mais sont incapables d'en changer car la concurrence est très forte.
Les agriculteurs voient bien la dégradation des sols, que les rendements stagnes alors que les parcelles sont plus grandes...

L'agriculture Bio peut nourrir la planète !
Il faut agir dans nos jardins ! Kokopelli veut libérer les graines pour que chacun puisse cultiver ce qu'il souhaite.

Le nombre d'agriculteurs diminue encore.
Question du paysage.
Dans le film, on voit une ruralité cernée par la ville (voiture, avion, pilonnes...). La France rurale est un mythe ! 80% de citadins et 20% de ruraux, mais qui vivent comme des urbains !
Urbanisation grandissante en France où les terres agricoles diminuent.
Chaque commune brade son foncier et cherche à avoir sa zone d'activité.
On n'arrive pas à voir l'agriculture comme une richesse.

Jardins = espaces verts inertes car très peu de variétés.
On peut faire des haies variées pour recréer l'écosystème avec de la diversité variétale.

Les jeunes ne sont pas aidés pour accéder au foncier et il y a peu d'enseignement à la production Bio.
Sorte d'obstruction.

Un spectateur demande « que peut on faire à par la révolution ? »
La révolution fertile, tranquille, dans son jardin !
19 millions de jardiniers en France, ce qui représente une grande puissance.
Il faut devenir un consomacteur.

http://www.ademub.asso.fr


http://www.kokopelli.asso.fr


http://www.gnis.fr