Ciné 220 - Brétigny-sur-Orge

Assassination Tango

Robert Duvall, USA 2004, Salle Méliès, vendredi 20 mai 2011

assassination tangoNom : Anderson
Prénom : John
Situation familiale : en couple (une petite fille)
Profession (avouée) installateur de systèmes de sécurité
Profession (inavouée) : tueur à gages
Passions: la petite fille/le tango

Pépite que ce dernier film noir de notre cycle Parler/Voir 2010-2011. Film exceptionnel, singulier, qui possède la suavité particulière d'une friandise destinée aux amateurs raffinés du genre. Un peu comme celle de John Cassavetes, la caméra de Robert Duvall colle aux acteurs, tout en préservant la légèreté qui lui permet de s'attacher aux pas des danseurs de tango.

L'art de Duvall réconcilie ici deux genres américains traditionnellement distincts, film noir et comédie musicale, Fred Astaire et Humphrey Bogart. Il s'opère entre les deux une harmonie qui donne au film toute son élégance. Entre l'obscurité du job du tueur et la lumière qui baigne le tango s'établit tout l'équilibre du film.

Le rythme de l'action est haché, avec des accélérations et des pauses ; le temps du tueur est sans cesse soumis à des interruptions involontaires, des intrusions, des secousses lorsqu'il s'agit d'échapper à des poursuivants, que ses projets sont bousculés, etc. tandis que le rythme du tango entraîne avec une certitude ancestrale les figures fluides et les pas magiques des danseurs.

Le tueur s'éprend en même temps de la danseuse et de la danse pour un pas de deux qui durera le temps d'un contrat criminel.

Remarquable aussi la dimension familiale du film: famille que John forme avec sa compagne et la fille de celle-ci, famille endeuillée des victimes argentines du général, famille de Manuela avec sa petite fille et sa sœur, famille du tango, familles sue lesquelles semble veiller le 'papito' qu'il devient au long de l'intrigue, famille même de l'assassin à châtier.

Originalité, tendresse, élégance, on ne saurait rien demander de plus pour clôturer cette saison.