Ciné 220 - Brétigny-sur-Orge

Polisse

Date : Mercredi 9 novembre à 20h30

Thème : Ciné Débat, cycle jeune réalisatrice

Film : POLISSE de Maïwenn

Intervenant(s) : Charlotte Garson, critique de cinéma

Compte-rendu :

La première qualité du film est le poids humain.

C'est entre autre pour cela qu'il est difficile d'en parler après.

A l'origine du film il y a un geste d'amour. Maïwenn appelle Joey Starr « sa muse ». Le film est écrit pour lui. Elle lui fait en effet un très beau cadeau avec ce rôle très développé.

Grande qualité de jeu des acteurs. Vraie dynamique de groupe.

Construction en 3 morceaux :

- Les sujets (la pédophilie, les violences...)

- L'atmosphère personnelle des personnages

- On revient ensuite sur le cœur du travail

Film sur la vie de commissariat et la vie intime de ceux qui y travaillent.

En France, on a une sorte d'amour des films de commissariat, on a envie de suivre des affaires et on s'y connecte tout de suite.

Histoire d'amour particulière entre Fred et la photographe jouée par la réalisatrice elle-même.

Quelle est cette place de photographe que Maïwenn se donne ?

Lien évident photo/cinéma, avec le travail d'équipe sur un tournage et le travail d'équipe dans un commissariat.

Le parallèle est fait entre Maïwenn réalisatrice et cette photographe présente dans le commissariat.

Le rôle de Maïwenn est un peu inconfortable, neutre. Banalisation de la réalisatrice par son uniforme de départ (chignon, lunettes).

Le rôle de la photographe, c'est un peu nous. Elle a un rôle de voyeur, elle rentre dans le jeu petit à petit. Sa neutralité nous laisse la place à nous, spectateur.

Effet catalogue dans l'accumulation des cas montrés.

Le film se pense en tant que film.

Tout le film se construit sur le fait qu'on ne peut pas absorber la violence sans que ça nous atteigne. Il y a forcément un contre coup. Cette violence est rebalancée dans la relation entre les policiers.

Maïwenn choisit de se focaliser sur une brigade en particulier, la BPM, brigade de protection de mineurs qui ne s'occupent que des mineurs victimes, pas des délinquants.

Il n'y a pas de jugement, on veut juste savoir la vérité sur ce qui s'est passé : cette question de la vérité tient beaucoup à cœur la cinéaste mais ce questionnement est parfois un peu écrasé par l'humain.

Dans cette brigade, le respect de l'ordre est un peu à géométrie variable.

Tous les cas sont vrais mais ce n'est pas pour ça que le film est vrai.

Deux anciens membres de la BPM sont venus faire un stage parmi les acteurs.