Ciné 220 - Brétigny-sur-Orge

11ème Festival Villes & toiles : Rencontre avec Tonie Marshall

Samedi 7 octobre à partir de 18h
11ème Festival Villes & toiles: “Elles regardent le monde”. Et ça change tout.
RENCONTRE avec Tonie Marshall, auteurs et réalisateurs.
En partenariat avec Prefigurations.com
18h : projection de Vénus Beauté (Institut)
RENCONTRE avec Tonie Marshall, réalisatrice
Intermède Mouret/Perrin, jazz manouche et buffet
21h : projection de Numéro Une en Avant-Première

  

 

VENUS BEAUTE (INSTITUT)7 10 venus beaute
Angèle est estheticienne à Vénus Beauté, un institut de quartier dirigé par Nadine où clientes et clients confient leurs petits et grands malheurs entre deux soins. Quand Angèle a terminé sa journée, elle drague des hommes avec lesquels elle tente d'établir un rapport minimal fait de sexe et de camaraderie. Elle échoue la plupart du temps. Elle ne croit pas à l'amour et elle a ses raisons. Mais un matin, dans une gare, elle croise Antoine, qui va l'aimer d'un coup et le lui dire d'un trait.
De Tonie Marshall, avec Bulle Ogier, Hélène Fillières…
France – Comédie dramatique – 1h45 – 1999
Tonie Marshall ne fait pas dans la sociologie de bazar. Si elle aime flirter avec l'intime, avec les métiers qui touchent à la vie privée, c'est pour être au plus près de ses personnages, détecter les failles, les fêlures, les incertitudes. Et la solitude, qu'on ne soupçonne pas forcément. Où sont les hommes ? Nulle part et partout, bien sûr, flottant dans le non-dit de ce palais des apparences ; il y en a tout de même qui s'aventurent sur le seuil du salon. Vénus Beauté (Institut) devient alors une sorte de mélodrame burlesque. Il plane sur ce conte de Noël, qui s'achève un soir enneigé de nouvel an, une mélancolie plutôt euphorisante : celle des solitudes associées, des tribus qui s'agrègent là où il y a de la lumière, des familles qui s'inventent. Tonie Marshall pratique le mélange des genres avec bonheur, compose de savoureux rapprochements d'acteurs. Si vous voyez un néon rose bonbon, une vitrine qui illumine une rue enneigée, n'hésitez pas... Vénus Beauté (Institut) est un soin pour le corps et pour l'esprit. Tonique, Marshall !

 

 

7 10 numero uneNUMERO UNE 
Emmanuelle Blachey est une ingénieure brillante et volontaire, qui a gravi les échelons de son entreprise, le géant français de l'énergie, jusqu'au comité exécutif. Un jour, un réseau de femmes d'influence lui propose de l'aider à prendre la tête d'une entreprise du CAC 40. Elle serait la première femme à occuper une telle fonction. Mais dans des sphères encore largement dominées par les hommes, les obstacles d'ordre professionnel et intime se multiplient. La conquête s'annonçait exaltante, mais c'est d'une guerre qu'il s'agit.
De Tonie Marshall, avec Emmanuelle Devos, Suzanne Clément…
France – Comédie dramatique – 1h50 – 2017
Pour son nouveau film, la réalisatrice Tonie Marshall infiltre le cercle très fermé des patrons du Cac 40 et dissèque avec acuité les mécanismes sexistes qui le gouvernent. Changement de registre donc pour la réalisatrice de « Venus Beauté (institut) », « Au plus près du paradis », ou « Tu veux ou tu veux pas » qui interroge ici avec intelligence et sensibilité la place des femmes dans la politique, les affaires et les grandes entreprises et les difficultés qu’elles peuvent encore y rencontrer pour accéder à des postes importants. Cherchant à retranscrire au plus près la réalité, ce film très documenté (de nombreuses rencontres et témoignages ont nourri le parcours de l’héroïne) qu’elle a co-écrit, offre une analyse sans concession des coulisses du pouvoir.
Son récit qui en dépeint les manigances, petits arrangements, rapports d’influence et de pouvoir, s’attache à travers le portrait d’une femme, à rappeler le sexisme ambiant qui régit encore notre société et certaines hautes sphères. Pour autant, le film évite l’écueil du pamphlet ou du postulat victimaire et se veut avant tout positif, sans jamais se teinter de cynisme.
La comédienne Emmanuelle Devos (qui retrouve la cinéaste après « Tontaine et Tonton ») se glisse à merveille dans le tailleur de cette prétendante au pouvoir, dont la quête va aussi l’entrainer vers un cheminement plus intime. Ainsi le parcours personnel de son personnage (très belle évocation des liens puissants fille/père - formidable Samy Frey – et subtile description des rapports de couple ou de maternité) et son ascension professionnelle sont intiment liés, tout comme son cheminement et sa prise de conscience de la cause féministe
Tonie Marshall brosse aussi un portrait féminin de groupe (Suzanne Clément, Francine Bergé) et évoque en creux l’importance de la transmission qui s’opère entre ces femmes.
En choisissant pour décors le milieu des affaires (rarement représenté dans le cinéma français), la cinéaste trouve un cadre temporel symbolique et un décors très cinématographique (les immenses tours imposantes de la Défense, illustrant à merveille le pouvoir, mais aussi une terrible solitude, les parcs maritimes d’éoliennes…) qui servent formidablement son propos.
Un film aux accents féministes et un beau portrait de femme et de mère.