Ciné 220 - Brétigny-sur-Orge

Sicario La Guerre des Cartels

Les cartels mexicains font régner la terreur à la frontière entre le Mexique et les États-Unis. Rien ni personne ne semble pouvoir les contrer. L'agent fédéral Matt Graver fait de nouveau appel au mystérieux Alejandro pour enlever la jeune Isabela Reyes, fille du baron d'un des plus gros cartels afin de déclencher une guerre fratricide entre les gangs. Mais la situation dégénère et la jeune fille devient un risque potentiel dont il faut se débarrasser. Face à ce choix infâme, Alejandro en vient à remettre en question tout ce pour quoi il se bat depuis des années…
De Stefano Sollima avec Benicio Del Toro, Josh Brolin….
USA – Thriller – 2h02 – 2018 – VOSTF/VF
Interdit aux moins de 12 ans
C’était le personnage le plus ambigu, et le plus mystérieux, du premier volet, réalisé par Denis Villeneuve (Sicario, 2015). Un mercenaire, un soldat, un tortionnaire, rongé par le chagrin, dont la vengeance personnelle rencontrait avantageusement la raison d’Etat. Alejandro (Benicio Del Toro, plus marmoréen que jamais) reprend du service à la frontière américano-mexicaine pour une mission périlleuse dont il s’est fait le spécialiste : semer illégalement le chaos afin de rétablir un semblant de justice. Le trafic de drogue devenant de moins en moins rentable, les cartels se reconvertissent dans le trafic d’êtres humains. Au milieu des clandestins se glissent des terroristes islamistes qui menacent la sécurité des Etats-Unis : la scène d’ouverture — un attentat-suicide dans un supermarché texan —, d’une sécheresse absolue, glace le sang.
Soutenu par la CIA, Alejandro va donc employer les méthodes, infâmes, de ses ennemis : kidnapper la fille du chef d’un cartel afin de déclencher une guerre fratricide entre les gangs. On retrouve dans cette suite tout ce qui faisait la réussite de l’original. A commencer par le scénario, toujours signé Taylor Sheridan, sur la porosité entre police et milice, et en prise directe avec l’actualité géopolitique (le djihadisme), dont la complexité surprend dans un blockbuster d’action. Derrière la caméra, Stefano Sollima parvient à se couler dans la tonalité froide et la violence ultraréaliste du premier Sicario. Il creuse aussi le sillon de la série Gomorra, à laquelle il a contribué, et de son film Suburra : la corruption présente dans toutes les strates de la société. La bande originale, élégante synthèse de nappes électroniques et de violoncelle, composée par l’Islandaise Hildur Gudnadóttir, évolue avec habileté entre classicisme et modernité, à l’image du film tout entier.

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