Ciné 220 - Brétigny-sur-Orge

12 Jours

Avant 12 jours, les personnes hospitalisées en psychiatrie sans leur consentement sont présentées en audience, d’un côté un juge, de l’autre un patient, entre eux naît un dialogue sur le sens du mot liberté et de la vie.
De Raymond Depardon
France – Documentaire – 1h27 – 2017
À travers ce film, Raymond Depardon s’attache de nouveau à la radiographie d’une institution, voire deux, dans un vertigineux croisement entre la psychiatrie et la justice. Pour cela, le réalisateur a opté pour une approche radicale en concentrant son film sur les douze jours dont dispose une personne internée contre son gré pour être présentée à un juge des libertés. Depardon met en lumière la complexité et l’importance d’une telle décision avec d’un côté, la liberté d’une femme ou d’un homme, de l’autre la sécurité de la société. Ce face-à-face ne dépend plus seulement d’une expertise psychiatrique médicale (qui pouvait induire une certaine opacité) mais a lieu entre une personne privée de ses droits et une autre représentante de l’Etat de Droit. Cette dualité se retrouve dans la mise en scène de Depardon, avec le choix de ne proposer que les points de vues du patient et du juge, ne permettant ni à l’un ni à l’autre de dominer et laissant aux spectateurs le choix de sa propre opinion. À l’image de ces audiences avec les juges, il s’agit bien ici de donner la parole à des patients, de leur donner une possibilité de s’exprimer sur leurs états et surtout sur leurs visions de l’avenir en vue de leurs libertés éventuelles. Cette approche permet de porter un nouveau regard sur ceux que l’on qualifie de fous, et d’essayer de comprendre toute la complexité de la santé mentale.
Raymond Depardon filme avec humanité et distance des face-à-face entre patients et magistrats.