Ciné 220 - Brétigny-sur-Orge

Normandie Nue

Au Mêle sur Sarthe, petit village normand, les éleveurs sont touchés par la crise. Georges Balbuzard, le maire de la ville, n’est pas du genre à se laisser abattre et décide de tout tenter pour sauver son village… Le hasard veut que Blake Newman, grand photographe conceptuel qui déshabille les foules, soit de passage dans la région. Balbuzard y voit l’occasion de sauver son village. Seulement voilà, aucun normand n’est d’accord pour se mettre à nu…
De Philippe Le Guay avec François Cluzet, Toby Jones…
France – Comédie dramatique – 1h44 – 2018
Philippe Le Guay (« Les femmes du 7ème étage », « Alceste à bicyclette »…), plante sa caméra dans un petit village (celui de son enfance) de la France profonde et confronte la réalité paysanne avec les aspirations d’un artiste conceptuel américain.
Sur un point de départ aussi original que cocasse, le réalisateur a réussi à tisser une histoire humaine, tendre et drôle, renouant ainsi avec la veine et la tonalité de son cinéma si sincère et généreux. En s’appuyant sur le choc des cultures, le récit dépasse le simple point de vue burlesque pour s’attacher à une communauté particulièrement attachante.
L’occasion aussi de brosser en creux les menaces pesant sur la ruralité.
Mené par le déterminisme et le positivisme de leur maire (personnifié par un François Cluzet à la fois convaincant et touchant), ce collectif de paysans porté par un bel élan communautaire va surmonter ses divisions, ses différents parfois ancestraux, ses dilemmes moraux entre perpétuer les traditions ou accepter la modernité, pour se réunir et se souder dans l’adversité. Ce beau film affirme la force du combat collectif à une époque où prime si souvent l’individualisme et célèbre l’importance de la transmission en prônant les valeurs de la solidarité et de l’entraide.
Entre légèreté et gravité, le film mélange les tons, joue d’un décalage constant, le drame côtoie ainsi la comédie et réussi à nous faire rire de choses graves, tout en alliant la réflexion au divertissement.
Entre comédie rurale et film choral profondément humain aux allures de fable, une œuvre libre, enjouée et revigorante.