Ciné 220 - Brétigny-sur-Orge

Vers la lumière

Misako passe son temps à décrire les objets, les sentiments et le monde qui l’entoure. Son métier d’audiodescripteur de films, c’est toute sa vie. Lors d’une projection, elle rencontre Masaya, un photographe au caractère affirmé dont la vue se détériore irrémédiablement. Naissent alors des sentiments forts entre un homme qui perd la lumière et une femme qui la poursuit.
De Naomi Kawase, avec Masatoshi Nagase, Ayame Misaki…
Japon – Drame – 1h43 – 2018 – VOSTF
Après « Still The Water » et le délicat et touchant « Les délices de Tokyo », Naomi Kawase offre une réflexion métaphorique sur la vue à travers les portraits croisés et opposés de personnages. Le récit, construit autour de la belle idée de cette improbable rencontre et complémentarité cathartique entre une femme de mots et un homme d’images, elle est la parole, lui la vue, multiplie les symboles pour mieux exprimer la nécessité et l’importance de l’entraide salvatrice.
Si l’on retrouve la poésie qui caractérise son cinéma, la cinéaste japonaise interroge aussi le pouvoir de la fiction à l’aune du réel et offre parallèlement une passionnante réflexion sur le pouvoir et la subjectivité des images.
Bercé par la magnifique musique d’Ibrahim Maalouf, ce film intimiste entrelace les destins de ces deux protagonistes amenés à se compléter pour mieux surmonter leur instabilité. La cinéaste explore aussi le sentiment amoureux naissant et réussi, comme le suggère son beau titre évocateur, à rendre les ténèbres lumineuses.
Un poème cinématographique et philosophique beau et tragique.