Ciné 220 - Brétigny-sur-Orge

La Surface de réparation

Franck vit depuis 10 ans en marge d’un club de foot de province. Sans statut ni salaire, il connait bien les joueurs et les couve autant qu’il les surveille. Un soir il rencontre Salomé, l’ex-maîtresse d’un joueur, qui a jeté son dévolu sur Djibril, une vieille gloire du foot venue finir sa carrière au club.
De Christophe Regin avec Franck Gastambide, Alice Isaaz…
France – Drame – 1h34 – 2018
Christophe Régin, jeune réalisateur venu du court métrage et passé par la Femis, signe un premier film d’inspiration personnelle en prenant pour principal décors un club de football. En évoquant ce sport si médiatisé comme formidable terreau de fiction, par le prisme de ses coulisses mais aussi ses personnages périphériques, le film démystifie l’image de ce milieu qui fait tant rêver. L’histoire s’attache à en offrir une vision de l’intérieure plus complexe et nuancée, loin des paillettes et des projecteurs, et filmée à hauteur d’hommes. Au-delà de la singularité et de l’acuité de regard porté sur ce milieu, le film évoque aussi la question de la transmission auprès de la jeunesse (à travers la peinture du centre d’entrainement) et s’aventure sur le terrain de la comédie sentimentale.
Le personnage singulier de Franck, sorte d’homme à tout faire providentiel, mais dans l’ombre, dont la vie est rythmée par le quotidien du club, même s’il n’en fait pas tout à fait partie, campé avec une grande justesse et retenue par Franck Gastambide, dans un contre-emploi dramatique, exprime aussi la chimère de courir après ses rêves de jeunesse.
Nul besoin d’être adepte du ballon rond pour apprécier ce film qui s’attache avant tout au destin ordinaire d’un homme qui a dû faire le deuil de ses ambitions perdues et doit désormais apprendre à malgré tout trouver sa place et résoudre ses questions identitaires.
Un premier long métrage doux-amer aux accents romanesques et le touchant portrait d’un homme ordinaire porté par un comédien populaire.