Ciné 220 - Brétigny-sur-Orge

Hostiles

En 1892, le capitaine de cavalerie Joseph Blocker, ancien héros de guerre devenu gardien de prison, est contraint d’escorter Yellow Hawk, chef de guerre Cheyenne mourant, sur ses anciennes terres tribales. Peu après avoir pris la route, ils rencontrent Rosalee Quaid. Seule rescapée du massacre de sa famille par les Comanches, la jeune femme traumatisée se joint à eux dans leur périple.
Façonnés par la souffrance, la violence et la mort, ils ont en eux d’infinies réserves de colère et de méfiance envers autrui. Sur le périlleux chemin qui va les conduire du Nouveau-Mexique jusqu’au Montana, les anciens ennemis vont devoir faire preuve de solidarité pour survivre à l’environnement et aux tribus comanches qu’ils rencontrent.
De Scott Cooper, avec Christian Bale, Rosamund Pike…
USA – Western – 2h13 – 2018 – VOSTF
Avertissement : des scènes, des propos ou des images peuvent heurter la sensibilité des spectateurs
Sans gentils ni méchants, HOSTILES observe des personnages presque tous à la fois victimes et bourreaux, dévorés par une haine systémique et qui, dans ce cercle infernal de violence, cherchent désespérément à retrouver leur humanité et leur dignité. À travers eux se joue évidemment le destin tragique de la nation américaine (et, plus largement, de toutes les autres) qui, encore aujourd’hui, préfère le conflit à l’écoute, les reproches à la réconciliation, la défiance à la confiance. Les murs qui séparent aux ponts qui rapprochent. Là, la mise en scène de Scott Cooper, toujours plus précise de film en film, se révèle essentielle. Sa caméra se fait discrète et retenue, mais jamais passive, bien au contraire : chaque mouvement bâtit patiemment la tension et les cadrages, qu’ils isolent, réunissent ou tirent parti de décors naturels grandioses et écrasants, content la lente évolution émotionnelle des personnages. Mais peut-être reconnaît-on un grand film à sa capacité à lâcher prise, à laisser les spectateurs finir eux-mêmes le voyage, emporter avec eux l’âme de ses personnages et l’essence de son histoire. Sans surligner l’émotion qu’il suscite, HOSTILES se conclut ainsi par une splendide dernière scène et son tout dernier plan, à la rémanence bouleversante, semble suspendre le film dans l’éternité.
Un très grand film, aussi américain qu’universel, dont la retenue bouleverse.