Ciné 220 - Brétigny-sur-Orge

Amin

Amin est venu du Sénégal pour travailler en France, il y a neuf ans. Il a laissé au pays sa femme Aïcha et leurs trois enfants. En France, Amin n’a d’autre vie que son travail, d’autres amis que les hommes qui résident au foyer. Aïcha ne voit son mari qu’une à deux fois par an, pour une ou deux semaines, parfois un mois. Elle accepte cette situation comme une nécessité de fait : l’argent qu’Amin envoie au Sénégal fait vivre plusieurs personnes. Un jour, en France, Amin rencontre Gabrielle et une liaison se noue. Au début, Amin est très retenu. Il y a le problème de la langue, de la pudeur. Jusque-là, séparé de sa femme, il menait une vie consacrée au devoir et savait qu’il fallait rester vigilant.
De Philippe Faucon, avec Moustapha Mbengue, Emmanuelle Devos, Marème N'Diaye…
France – Drame – 1h31 – 2018
Sous-titrage malentendants
Après le beau Fatima (récompensé de plusieurs Césars), Philippe Faucon (La désintégration, Samia…) renoue avec une veine réaliste et une économie narrative et formelle qui caractérisent son cinéma.
Le cinéaste brosse de nouveau par petites touches épurées et précises des portraits et destins profondément humains et émouvants. En abordant le sujet de l’immigration et du déracinement, il entrelace ici deux vies opposées et éloignées, géographiquement et socialement, en observant avec justesse et finesse les rapports humains et amoureux qui vont se tisser entre deux êtres en déshérence affective et souffrant de la solitude, et représentant deux réalités différentes. Cette chronique tendre, cruelle et lumineuse interroge sur la séparation, l’injustice, la solidarité, la difficulté d’être un père absent ou d’être une femme seule (Emmanuelle Devos, toujours parfaite), engageant ainsi un passionnant et nécessaire questionnement sur le fonctionnement sociétal.
En évoquant ces drames individuels pour mieux témoigner et dénoncer les drames collectifs, Faucon réaffirme — et confirme — son regard à hauteur d’humanité, cultivant ainsi un art du portrait pour raconter le quotidien avec simplicité et un respect toujours attentif à ses personnages, doublé d’une véritable délicatesse à entremêler l’intime et le social.
Un drame sentimental profond, délicat et humain sur l’exil, chronique d’une existence morcelée.

Amin 7 11