Ciné 220 - Brétigny-sur-Orge

Chacun pour tous

Martin, coach de l’équipe française de basketteurs déficients mentaux, est au pied du mur. En pleine préparation des Jeux Paralympiques, ses meilleurs joueurs viennent de le laisser tomber. Refusant de perdre la subvention qui est vitale pour sa fédération, il décide de tricher pour participer coûte que coûte à la compétition. Il complète son effectif par des joueurs valides, dont Stan et Pippo, deux trentenaires désœuvrés. Même Julia, la psychologue de la fédération, ne s’aperçoit pas de la supercherie. En s’envolant pour Sydney, Martin est loin d’imaginer le mélange explosif qu’il vient de créer.
De Vianney Lebasque, avec Ahmed Sylla, Jean-Pierre Darroussin, Camélia Jordana...
France – Comédie – 1h34 – 2018
Un sujet casse-gueule par excellence, le registre de la comédie pour l’aborder, et un film basé sur le même fait divers sorti il y a seulement quelques mois… Autant dire que les obstacles étaient nombreux sur le chemin de Chacun pour tous. Mais difficile ne veut pas dire impossible, et Vianney Lebasque le prouve brillamment en signant une petite surprise aussi inattendue que valeureuse. La force du film ? Sans aucun doute son traitement fondé sur une écriture qui allie humilité et tact. Vianney Lebasque a l’intelligence de glisser sur son histoire forte et de se laisser porter par elle plutôt que de chercher à la forcer. Ainsi, le réalisateur laisse venir l’humour de lui-même plutôt que d’aller le rechercher à outrance. Chacun pour tous est finalement drôle naturellement et évite de sombrer dans la caricature, comme dans la comédie gagesque aux traits grossiers. L’émotion ? Même chose. Elle est là, aux quatre coins de cette belle aventure fédératrice dont chacun sort grandi au-delà de la honte du geste. Le point de vue ? Vianney Lebasque évite d’en adopter un tranché, de sorte à ne jamais tomber dans le jugement moral. Il n’y a pas de bons ou de mauvais dans la galerie de protagonistes que nous offre à voir Chacun pour tous, ou du moins Vianney Lebasque ne s’aventure pas à résumer ses personnages selon de telles facilités. Certains lui reprocheront peut-être ce choix de sacrifier toute prise de position au profit du simple feel good movie mais qu’importe, le cinéaste peut rester droit dans ses bottes car la finalité prime sur la méthode.
Et cette finalité, c’est le message. Comme l’humour, comme l’émotion, le propos de Chacun pour tous réussit à s’élever seul, sans jamais être résumé par un quelconque manichéisme, ni avoir besoin d’être sur-appuyé pour bien passer. Chacun pour tous, c’est une ode à la différence, une célébration de la solidarité et une comédie dramatique qui aborde assez intelligemment la question du handicap sans verser dans le grossier, l’impudeur ou la caricature malveillante. Toute cette bande a peut-être fait une connerie, mais ils l’ont faite ensemble. Vianney Lebasque et ses (très bons) comédiens pourront d’ailleurs en dire autant.
Sauf que eux, ils n’ont pas fait une connerie en vrai, mais juste un joli film, sincère, tendre et touchant, jamais lourd, jamais cynique.

 

chacun pour tous 21 11