Ciné 220 - Brétigny-sur-Orge

Tout ce qu'il me reste de la révolution

Angèle avait 8 ans quand s’ouvrait le premier McDonald’s de Berlin-Est… Depuis, elle se bat contre la malédiction de sa génération : être né « trop tard », à l’heure de la déprime politique mondiale. Elle vient d’une famille de militants, mais sa mère a abandonné du jour au lendemain son combat politique, pour déménager, seule, à la campagne et sa sœur a choisi le monde de l’entreprise.
Seul son père, ancien maoïste chez qui elle retourne vivre, est resté fidèle à ses idéaux. En colère, déterminée, Angèle s’applique autant à essayer de changer le monde qu’à fuir les rencontres amoureuses.
Que lui reste-t-il de la révolution, de ses transmissions, de ses rendez-vous ratés et de ses espoirs à construire? Tantôt Don Quichotte, tantôt Bridget Jones, Angèle tente de trouver un équilibre…
De Judith Davis, avec Judith Davis, Malik Zidi, Claire Dumas…
France – Comédie – 1h28 – 2019
La comédienne Judith Davis, devant et derrière la caméra, mène avec drôlerie et intelligence cette première réalisation très ancrée dans notre époque mais dénuée de cynisme (inspirée d’un spectacle du collectif au nom si bien trouvé L’avantage du doute, dont la comédienne-réalisatrice est une des figures majeures), tout en réussissant à cultiver le mélange des genres.
Le personnage principal - son double cinématographique - qu’elle incarne avec autant d’énergie que d’amour ou de colère, digne héritière maudite des idéaux de ses parents et de leurs rêves et engagements, telle une malédiction, cherche à tracer sa propre voie citoyenne et sentimentale. De cette matière intime, elle tisse une histoire tendre et engagée, combative et joyeuse sur la transmission et l’identité que l’on se construit.
Nourrissant son récit d’accents personnels, tout en cultivant un vrai sens du dialogue, Judith Davis réussit à faire rimer amour avec révolution, en brassant et interrogeant avec subtilité et intelligence, des sujets très actuels comme le bien vivre ensemble (par le prisme original de l’urbanisme) et le travail, soulignant la difficulté pour un citoyen engagé de concilier ses idéaux avec la société de consommation.
Autour d’elle, la troupe de comédiens (formidable Mireille Perrier, touchant Malik Zidi…) dont les personnages sont brossés avec empathie, s’avère très convaincante et réussit à transmettre un plaisir communicatif et, à l’instar du film, un esprit collectif.
Une comédie politique et sentimentale, personnelle et décalée, originale et revigorante, à découvrir !

En avant programme, découvrez le court-métrage de Judith Davis, UN GRAND SOIR.

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