Ciné 220 - Brétigny-sur-Orge

Eugénie Grandet

Felix Grandet règne en maître dans sa modeste maison de Saumur où sa femme et sa fille Eugénie, mènent une existence sans distraction. D’une avarice extraordinaire, il ne voit pas d’un bon œil les beaux partis qui se pressent pour demander la main de sa fille. Rien ne doit entamer la fortune colossale qu’il cache à tous. L’arrivée soudaine du neveu de Grandet, un dandy parisien orphelin et ruiné, bouleverse la vie de la jeune fille. L’amour et la générosité d’Eugénie à l’égard de son cousin va plonger le Père Grandet dans une rage sans limite. Confronté à sa fille, il sera plus que jamais prêt à tout sacrifier sur l’autel du profit, même sa propre famille.
De Marc Dugain, avec Joséphine Japy, Olivier Gourmet, Valérie Bonneton
France – Drame – 1h45 – 2021
L’auteur et réalisateur Marc Dugain (L’échange des princesses…) délaisse l’inspiration de ses propres écrits pour adapter le roman de Balzac avec fidélité et respect mais aussi modernité. On y retrouve par exemple l’esprit novateur pour l’époque de Balzac sur la condition des femmes et leur émancipation (ce qui n’était pas le cas dans les domaines politique et sociétal).
Au-delà de l’avarice et du rôle terrifiant de l’argent-dieu, le film offre une évocation du rôle du patriarcat (incarné magistralement par Olivier Gourmet, telle une figure du capitalisme naissant) face au destin brisé et sacrifiée de la fille (Joséphine Japy, très juste).
Les comédiens, pourtant si différents, affirment un jeu à l’unisson dans un même registre sobre, servi par une mise en scène classique sans être académique et une belle photographie, privilégiant les intérieurs et les clairs obscurs.
Une belle adaptation d’une tragédie domestique à la résonnance contemporaine.


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