Ciné 220 - Brétigny-sur-Orge

Une intime conviction

Depuis que Nora a assisté au procès de Jacques Viguier, accusé du meurtre de sa femme, elle est persuadée de son innocence. Craignant une erreur judiciaire, elle convainc un ténor du barreau de le défendre pour son second procès, en appel. Ensemble, ils vont mener un combat acharné contre l'injustice. Mais alors que l’étau se resserre autour de celui que tous accusent, la quête de vérité de Nora vire à l’obsession.
De Antoine Raimbault, avec Marina Foïs, Olivier Gourmet, Laurent Lucas…
France, Belgique – Thriller – 1h50 – 2019
Sous titrage malentendant (sur demande à la caisse du cinéma)
Pour son premier long métrage, le tout jeune réalisateur se penche sur un fait divers et nous donne à découvrir et à mieux comprendre une affaire nébuleuse qui a défrayé la chronique. Antoine Raimbault s’appuie sur cette matière réelle mais sait aussi insuffler à cette histoire une part fictionnelle et romanesque.
En réinterrogeant le réel, ce film suit la rencontre improbable entre une femme, amie de l’accusé, dont la quête de vérité vire à l’obsession, et un ténor du barreau, interprétés avec conviction, déterminisme et foi par les impressionnants Olivier Gourmet (dans le rôle du célèbre avocat Dupond-Moretti) et Marina Foïs (personnage fictionnel), chacun apportant intensité et authenticité au récit.
Ensemble ils vont mener un combat acharné afin que la vérité triomphe. Ne versant jamais dans le film à thèse, privilégiant les questions aux réponses et suscitant une passionnante réflexion, Antoine Raimbault montre qu’il est aisé de façonner un coupable à partir de sentiments et de fantasmes.
Construite comme un film-enquête (remarquablement documenté) instaurant suspense et tension, cette histoire traque la vérité, et montre à quel point l’appareil judiciaire s’avère lourd et lent. Le récit, intelligemment construit et servi par un montage au cordeau, tient en haleine et interroge aussi en creux les instances judiciaires françaises, les médias et les tréfonds de l’âme humaine. Réservant aussi de grandes scènes de plaidoirie dans l’enceinte du tribunal, ce film s’aventure avec succès dans un genre qui est plutôt l’apanage du cinéma américain, mais l’intelligence du réalisateur est de s’en émanciper, privilégiant la peinture réaliste et sociale d’une profession.
Alors que l’affaire Viguier n’a pas encore livré tous ses secrets, ce film, par le prisme de la fiction, interroge avec pertinence nous et notre société.
Un remarquable premier film très maitrisé et un passionnant drame judiciaire aux accents de thriller captivant.

une intime conviction 13 3