Ciné 220 - Brétigny-sur-Orge

Roubaix, une lumière

À Roubaix, un soir de Noël, Daoud le chef de la police locale et Louis, fraîchement diplômé, font face au meurtre d’une vieille femme. Les voisines de la victime, deux jeunes femmes, Claude et Marie, sont arrêtées. Elles sont toxicomanes, alcooliques, amantes…
De Arnaud Desplechin, avec Roschdy Zem, Léa Seydoux, Sara Forestier…
France – Drame – 1h59 – 2019
Sous titrage malentendant (sur demande à la caisse du cinéma)
Habitué aux drames familiaux à tendance psychanalytique (La sentinelle, Rois et reine, Trois souvenirs de ma jeunesse…), Arnaud Desplechin change de registre avec un polar sombre inspiré d’un fait divers dont il respecte les codes tout en imposant sa touche personnelle.
Caméra à l’épaule, il filme le quotidien des policiers de manière très réaliste en orchestrant plusieurs investigations simultanément, apportant une approche sociologique très intéressante à son cinéma. Il n’en n’oublie pas pour autant sons sens du romanesque, notamment avec la construction du personnage du commissaire, interprété magistralement par Roschdy Zem, figure de gardien qui veille sur sa ville (Roubaix ville natale du cinéaste) et sa misère sociale. Autour de lui, on retrouve Antoine Reinartz (l’une des révélations de 120 battements par minute) et le duo inattendu formé par Léa Seydoux et Sara Forestier, qui incarnent une sorte de couple aux physiques d’ange déchu par la misère, symbole d’une innocence perdue capable du pire des crimes.
Un film sombre et puissant sur la culpabilité et la pitié.

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