Ciné 220 - Brétigny-sur-Orge

Le Jeune Ahmed

En Belgique, aujourd’hui, le destin du Jeune Ahmed, 13 ans, pris entre les idéaux de pureté de son imam et les appels de la vie.
De Jean-Pierre et Luc Dardenne, avec Idir Ben Addi, Olivier Bonnaud, Myriem Akheddiou…
France – Drame – 1h24 – 2019
Compétition officielle, Festival de Cannes 2019
Les frères Dardenne (à l’instar récemment de Téchiné) osent se confronter à un sujet complexe et hautement sensible, traumatisme terrible de notre histoire contemporaine. Avec intelligence et sensibilité, ils brossent ainsi le portrait d’une certaine jeunesse qu’ils tentent de comprendre sans jamais asséner de jugement hâtif ou manichéen.
Comme toujours, les cinéastes belges déploient une mise en scène naturaliste cultivant l’épure, qui suit et ne lâche jamais leur personnage principal (interprété par un acteur novice, formidable d’intensité et de justesse), cherchant à en scruter les moindres faits et gestes, intentions et sentiments, dans l’espoir d’atteindre une empathie qui permettrait de comprendre ce qui anime le fanatisme religieux du garçon qui relève du mystère le plus total. À travers les personnages qui l’entourent, possibles doubles des spectateurs et des cinéastes eux-mêmes, telles des figures démunies et dans l’incompréhension face à la tragédie de ce phénomène, les Dardenne cherchent et réussissent à capter le moment où la raison inverserait ce désir de mort pour finalement s’ouvrir à la vie. Comme souvent dans leur cinéma (Le fils, L’enfant, Le gamin au vélo…), les frères cinéastes affirment, mais sans angélisme, une belle croyance dans une possible rédemption soulignant en creux le rôle déterminant de l’éducation et de l’enseignement.
Une exploration sensible de la radicalisation religieuse d’un jeune garçon, une œuvre intelligente, forte et marquante.

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